Un petit article sur Tashiding, lieu sacré de Gourou Rinpotché, que nous a fait découvrir Tchimé Rigdzin Rinpotché. Il n'avait de cesse d'encourager ses disciples à aller pratiquer dans ce lieu, tellement propice et où les mérites sont surmultipliés. Ce lieu est particulièrement lié au Terma du Nord (Tchangter), puisqu'il fut 'ouvert' par Rindzin Gödem, le découvreur de ce terma. Comme on peut le lire plus bas, les murs intérieurs du plus grand temple sont recouverts des représentations des déités telles que pratiquées dans le Terma du nord (Zhitro, Vajrakilaya, Gourou Dragpo Tsel etc et les lamas du lieu suivent les rituels du Tchangter.
On lit parfois que Padmasambhava, respectueusement appelé Gourou Rinpotché par les tibétains, introduisit le bouddhisme au Tibet. En fait, les enseignements du Bouddha étaient déjà parvenus au pays des neiges sous le règne du roi Songtsen Gonpo, au septième siècle. Mais ses successeurs, devant les obstacles au développement du Dharma, durent faire appel au pandit Shantarakshita puis surtout au maître adamantin Padmasambhava. Au huitième siècle, ce dernier, à l’invitation du roi Thrisong Deutsen, séjourna longuement au Tibet, où il leva les obstacles à l’épanouissement de la doctrine bouddhique. Il permit la construction du monastère de Samyé, centre à partir duquel l’enseignement se répandit et fleurit dans toutes les directions. Il assujettit les puissantes déités locales du pays et leur confia la garde de ses trésors spirituels, destinés à perpétuer les enseignements profonds et il bénit d’innombrables lieux, les rendant particulièrement propices à la pratique. Il utilisa plus spécialement son pouvoir pour faire de quatre grandes régions des ‘pays cachés’ (bae yul), zones non seulement favorables aux pratiquants, mais où ils seraient protégés des obstacles. Ainsi, le Sikkim devint l’une de ces terres, et Gourou Rinpotché prophétisa que les Tibétains y seraient protégés de trois vagues d’envahisseurs futurs. Pour ce faire, il consacra le Sikkim comme un vaste mandala, en se plaçant en son centre spirituel, Tashiding. Il parcourut ensuite le pays et y dissimula d’innombrables trésors spirituels (terma), objets destinés à ‘charger’ la terre de bénédictions et enseignements programmés pour être redécouverts par les incarnations de ses proches disciples (tertöns).
C’est pourquoi cette montagne de l’ouest du Sikkim est considérée comme le lieu le plus sacré du pays. Protégée dans les quatre directions par de hautes montagnes, elle est également bordée de quatre grottes qui la jouxtent aux quatre points cardinaux. Dans les siècles qui suivirent la venue de Gourou Rinpotché, de grands maîtres ‘ouvrirent’ le Sikkim à sa destinée de ‘pays caché’, et cela se passa plus particulièrement à Tashiding. Le premier d’entre eux fut Rigdzin Gödem, l’un des trois plus grands découvreurs des trésors cachés de Padmasambhava, qui se rendit au Sikkim au quatorzième siècle, selon les injonctions du guide prophétique que Gourou Rinpotché lui avait fait parvenir. Après lui, de nombreux grands maîtres continuèrent cette œuvre et parmi eux, en 1717, le tertön Namdag Sempa Tchenpo, qui exhuma le trésor de la grotte de Dechenpug,* la grotte à l’ouest de Tashiding. Dans ce trésor se trouvait un vase fait de nombreuses substances précieuses et contenant du nectar de longue vie.
De là est née la principale fête religieuse du Sikkim, le Boumtchou (‘l’eau du vase’). Trois bols de l’eau de cette source sont placés dans le vase qui est ensuite laissé dans une maison scellée pendant un an. Le quinzième jour du premier mois tibétain (pleine lune), les scellés sont retirés et l’eau qui parfois s’accroît miraculeusement, parfois décroît, parfois est pure, parfois trouble, est distribuée aux milliers de fidèles qui affluent de tout le pays et même de plus loin pour la recevoir. Les variations de la quantité et de la qualité de l’eau servent à établir des prophéties pour l’année en cours. Cette eau est comparable à un élixir de longue vie et a des propriétés curatives et régénérantes.
Au fil des siècles, plusieurs temples ont été construits sur le plateau au sommet de la montagne de Tashiding. Le plus ancien, le Mani Gompa, renferme de très anciens moulins à prière en bois et une statue de Tchenrezi à mille bras. Le plus imposant, plus récent, a été restauré récemment et les fresques qui recouvrent les murs intérieurs représentent de nombreuses déités telles qu’elles sont pratiquées dans la tradition du Terma du Nord (Tchangter), découvert par Rigdzin Gueudem.
Le pèlerin ne manquera pas d’admirer les nombreux stupas, dont le plus ancien, le Thongwa Rangdrol (‘qui libère par la vue’), a été érigé au dix-septième siècle par Gyalwa Lhatsun Tchenpo. Voir ce stupa ferme les portes des renaissances dans les trois royaumes inférieurs. Près de ce stupa, un abri fermé protège une statue rangjung (apparue spontanément) de Gourou Rinpotché. Un peu plus loin, un grosse roche est marquée de l’empreinte de la main du maître d’Odiyana et de celle de sa parèdre Yéshé Tsogyel. On y remarque également un sillon délimitant un sorte de porte qui est l’accès à la terre pure intérieure de Tashiding, accessible seulement aux êtres au karma particulièrement positif, certains grands maîtres.
Lieu béni par Padmasambhava et centre du ‘pays caché’ du sud (Sikkim), Tashiding est un lieu éminemment propice à la pratique. Certains textes expliquent qu’une semaine de pratique y est équivalente à dix ans de pratique dans un lieu ordinaire, d’autres qu’un jour à Tashiding permet d’accumuler autant de mérites qu’une retraite de trois ans. Se rendre en ce lieu suffit à se fermer définitivement les portes des trois royaumes inférieurs. Les progrès spirituels y seront plus rapides et amèneront des résultats rapidement et sans effort. La pratique du dzogchen y est plus aisée. En fait, on considère que c’est un lieu aussi sacré que Zangdopalri, la glorieuse montagne de cuivre où réside Gourou Rinpotché, ou Bodhgaya, le lieu où tous les Bouddhas du kalpa actuel se sont éveillés par le passé et s’éveilleront dans le futur. Il est protégé par les dakinis et les protecteurs du Dharma aux ordres de Padmasambhava. Longtemps inaccessible, il est aujourd’hui ouvert grâce aux pratiques de nombreux adeptes accomplis qui se sont succédés en ce lieu depuis le quatorzième siècle. La route qui y mène est de mieux en mieux entretenue, et passé le pont métallique qui enjambe la rivière après le village de Legship, le voyageur se trouve dans la terre pure extérieure de Tashiding. Pour le pratiquant du Dharma qui se rend au Sikkim, c’est sans conteste un lieu à visiter et explorer, tant l’énergie de Padmasambhava et de ses disciples y est palpable et présente.
*Dans certains textes, c’est le terteun Zhigpo Lingpa qui découvrit le trésor de cette grotte, et le transmit à Terteun Tagsham Tchenpo, qui enfin le remit à Terteun Namdag Sempa Tchenpo.
Références bibliographiques
Rigdzin Gueudemtchen Gyi Nè Yig
Detchen Lingpa Nè Yig
Lhatsun Ka Boum
Péma Lingpai Nè Yig
Lhatsun Nyinpai Drèdjong Nè Yig
Lama Gongdu Loungten Kargyama
Boumtchoui Djoungwa Djeupa (par Tsultrim Gyourmé Tséring Dordjé)
Blessing Power of the Buddhas ( par Norma Levine)
C’est pourquoi cette montagne de l’ouest du Sikkim est considérée comme le lieu le plus sacré du pays. Protégée dans les quatre directions par de hautes montagnes, elle est également bordée de quatre grottes qui la jouxtent aux quatre points cardinaux. Dans les siècles qui suivirent la venue de Gourou Rinpotché, de grands maîtres ‘ouvrirent’ le Sikkim à sa destinée de ‘pays caché’, et cela se passa plus particulièrement à Tashiding. Le premier d’entre eux fut Rigdzin Gödem, l’un des trois plus grands découvreurs des trésors cachés de Padmasambhava, qui se rendit au Sikkim au quatorzième siècle, selon les injonctions du guide prophétique que Gourou Rinpotché lui avait fait parvenir. Après lui, de nombreux grands maîtres continuèrent cette œuvre et parmi eux, en 1717, le tertön Namdag Sempa Tchenpo, qui exhuma le trésor de la grotte de Dechenpug,* la grotte à l’ouest de Tashiding. Dans ce trésor se trouvait un vase fait de nombreuses substances précieuses et contenant du nectar de longue vie.
De là est née la principale fête religieuse du Sikkim, le Boumtchou (‘l’eau du vase’). Trois bols de l’eau de cette source sont placés dans le vase qui est ensuite laissé dans une maison scellée pendant un an. Le quinzième jour du premier mois tibétain (pleine lune), les scellés sont retirés et l’eau qui parfois s’accroît miraculeusement, parfois décroît, parfois est pure, parfois trouble, est distribuée aux milliers de fidèles qui affluent de tout le pays et même de plus loin pour la recevoir. Les variations de la quantité et de la qualité de l’eau servent à établir des prophéties pour l’année en cours. Cette eau est comparable à un élixir de longue vie et a des propriétés curatives et régénérantes.
Au fil des siècles, plusieurs temples ont été construits sur le plateau au sommet de la montagne de Tashiding. Le plus ancien, le Mani Gompa, renferme de très anciens moulins à prière en bois et une statue de Tchenrezi à mille bras. Le plus imposant, plus récent, a été restauré récemment et les fresques qui recouvrent les murs intérieurs représentent de nombreuses déités telles qu’elles sont pratiquées dans la tradition du Terma du Nord (Tchangter), découvert par Rigdzin Gueudem.
Le pèlerin ne manquera pas d’admirer les nombreux stupas, dont le plus ancien, le Thongwa Rangdrol (‘qui libère par la vue’), a été érigé au dix-septième siècle par Gyalwa Lhatsun Tchenpo. Voir ce stupa ferme les portes des renaissances dans les trois royaumes inférieurs. Près de ce stupa, un abri fermé protège une statue rangjung (apparue spontanément) de Gourou Rinpotché. Un peu plus loin, un grosse roche est marquée de l’empreinte de la main du maître d’Odiyana et de celle de sa parèdre Yéshé Tsogyel. On y remarque également un sillon délimitant un sorte de porte qui est l’accès à la terre pure intérieure de Tashiding, accessible seulement aux êtres au karma particulièrement positif, certains grands maîtres.
Lieu béni par Padmasambhava et centre du ‘pays caché’ du sud (Sikkim), Tashiding est un lieu éminemment propice à la pratique. Certains textes expliquent qu’une semaine de pratique y est équivalente à dix ans de pratique dans un lieu ordinaire, d’autres qu’un jour à Tashiding permet d’accumuler autant de mérites qu’une retraite de trois ans. Se rendre en ce lieu suffit à se fermer définitivement les portes des trois royaumes inférieurs. Les progrès spirituels y seront plus rapides et amèneront des résultats rapidement et sans effort. La pratique du dzogchen y est plus aisée. En fait, on considère que c’est un lieu aussi sacré que Zangdopalri, la glorieuse montagne de cuivre où réside Gourou Rinpotché, ou Bodhgaya, le lieu où tous les Bouddhas du kalpa actuel se sont éveillés par le passé et s’éveilleront dans le futur. Il est protégé par les dakinis et les protecteurs du Dharma aux ordres de Padmasambhava. Longtemps inaccessible, il est aujourd’hui ouvert grâce aux pratiques de nombreux adeptes accomplis qui se sont succédés en ce lieu depuis le quatorzième siècle. La route qui y mène est de mieux en mieux entretenue, et passé le pont métallique qui enjambe la rivière après le village de Legship, le voyageur se trouve dans la terre pure extérieure de Tashiding. Pour le pratiquant du Dharma qui se rend au Sikkim, c’est sans conteste un lieu à visiter et explorer, tant l’énergie de Padmasambhava et de ses disciples y est palpable et présente.
*Dans certains textes, c’est le terteun Zhigpo Lingpa qui découvrit le trésor de cette grotte, et le transmit à Terteun Tagsham Tchenpo, qui enfin le remit à Terteun Namdag Sempa Tchenpo.
Références bibliographiques
Rigdzin Gueudemtchen Gyi Nè Yig
Detchen Lingpa Nè Yig
Lhatsun Ka Boum
Péma Lingpai Nè Yig
Lhatsun Nyinpai Drèdjong Nè Yig
Lama Gongdu Loungten Kargyama
Boumtchoui Djoungwa Djeupa (par Tsultrim Gyourmé Tséring Dordjé)
Blessing Power of the Buddhas ( par Norma Levine)
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