INTRODUCTION
A LA
NATURE ORIGINELLE DE PRAJNAPARAMITA
Il y a une vingtaine
d'années, alors que nous faisions une retraite à Prémanon dans le
Jura, CR Lama nous avait transmis un texte de pratique intitulé :
« Le Dzogchen de machig Labdron. » Il nous avait alors
introduit à la nature de l'esprit selon les termes de cette pratique
terma. En voici une traduction :
Les personnes à l'esprit
tranchant qui ont la foi et veulent pratiquer et comprendre le
dzogchen doivent se retirer dans un endroit très plaisant, paisible
et isolé.
Le yogi doit penser à
tous les êtres sensibles. En gardant à l'esprit la grande
opportunité que nous avons de posséder un corps humain, il est
d'une importance capitale de méditer sur l'impermanence et de
développer un profond renoncement à toutes les activités
mondaines. Au contraire, on doit décider d'être bénéfique à tous
les êtres sensibles.
Puis, en laissant son
corps, sa parole et son esprit détendus et dans un état naturel
(non artificiel), il doit méditer comme suit :
Extérieurement, les
pierres, les montagnes, tous les objets matériels dépourvus
d'esprit, et intérieurement tous les êtres sensibles ne sont que
des noms donnés par notre esprit, sans aucune réalité quelle
qu'elle soit1.
En ce qui concerne cet esprit, vous devez examiner à quoi il
ressemble (ressemble-t-il à un être humain ou à un autre être,
est-il fait d'une matière quelconque...?) De quelle couleur est-il ?
Quelle forme a-t-il ? Vous devez vraiment examiner votre esprit
de cette façon et rechercher si vous trouvez quelque chose.
Egalement, concernant cet esprit, vous devez essayer de découvrir
d'où il vient, où il réside et où il s'en va. Encore et encore,
vous devez investiguer ainsi de manière exhaustive.
Vous devez rechercher
partout la nature de l'esprit. Est-ce une chose extérieure
(matérielle) ou se trouve-t-il à l'intérieur du corps ? Vous
devez le rechercher de la tête aux pieds. Si vous ne pouvez rien
trouver, vous devez décider encore et encore qu'il est vide et sans
aucune nature propre intrinsèque. Il n'y a rien à trouver là.
Vous devez ensuite
conserver votre esprit dans son état naturel, sans inviter les
pensées futures ni suivre les pensées passées. Qu'est celui qui
comprend ? Il y a tout de même bien quelque chose (qui
comprend) ? C'est la conscience ! Vous devez décider cela.
Ne faites rien, ne changez rien, ne fabriquez rien. Alors, celui qui
ressent (qui expérimente), l'intellect (bLo), l'esprit (yid), celui
qui pense (sems), la sagesse ou la connaissance supérieure sont
reconnus comme n'étant pas différents les uns des autres et sont
ainsi libérés. C'est la conscience naturelle originelle (supérieure
à vipasana). Vous devez comprendre cela, c'est très important.
Vous devez rester
longtemps ainsi et beaucoup de pratique est nécessaire ! Puis
vous réalisez que quelles que soient les bonnes ou mauvaises pensées
qui surviennent, elles ont la nature de la sagesse. Vous devez
vraiment avoir la certitude de cela. Elles sont également sagesse
primordiale, inchangeante, non artificielle. Elles sont la nature de
la connaissance, nue (c. à d. claire, non obstruée). Observez-les
sans interférence, sans objet, sans saisie et elles deviennent
claires, très claires. Quelles que soient les pensées qui
surviennent, pensées mondaines ou supérieures (au sujet du nirvana,
des Bouddhas), elles proviennent toutes de la base primordiale de
l'esprit. Aussi n'espérez pas, ne doutez pas et vous verrez
clairement votre propre esprit ou sagesse.
De manière générale,
vous pouvez dire ou penser que quelle que soit la pensée qui
survient, ce n'est qu'une manifestation de la nature de l'esprit.
Vous devez réaliser cela.
Puis quelles que soient
les pensées qui surviennent, vous les considérez comme
naturellement claires. Vous faites cela sans vous arrêter, votre
esprit devient alors de plus en plus stable et immuable. Où que vous
soyez et quoi que vous fassiez, vous devez comprendre cela. Vous
atteignez alors le dharmasamapta originel qui est au-delà des mots
et de l'expression, l'état totalement éveillé. Puis sans plus
méditer, spontanément, la compréhension du mahamudra, l'intention
de Samantabhadra vous apparaîtra spontanément.
Puis ayant atteint ce
résultat, le yogi est libéré du bardo et devient capable d'être
source de bienfait pour tous les êtres sensibles.
C'est ainsi que vous
devez pratiquer.
1S'ils
étaient réels et si les noms que nous leur attribuons survenaient
naturellement, toutes les personnes des différents pays
désigneraient les choses du même nom.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire