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mardi 4 juillet 2023

life and death -- vie et mort









This whole world is nothing but movement. And this movement is arising and passing. Arising and passing. Immediately this moment is gone and gone and gone. Now becomes then. In this immediacy what this indicates is that now is fresh.
Fresh is like a gap. A new beginning. But if I link the past to the present to the future and experience these times as weaving together to create a frame across which my life is spread then the formation of now is determined by the past and the formation of now influences the future. So these are always out two potential readings; the ground of being, the ground that we exhibit from, that we are the showing of this open empty ground, it is unborn.
It has never come into existence as a thing. And we are also unborn. Or if you could put it another way we are ceaselessly born and dying. Born and dying. I am this and then I am not. Fully this and then not. ...
Each moment that we are here together vanishes as soon as it arises. We can make a story which points to the continuity of our time together, yet all the moments of the story vanish even as they are spoken or written. This ungraspable impermanence is not a mistake or punishment. In fact it is the effortless self-liberation of all phenomena. Everything appears yet nothing remains.


Ce monde dans sa totalité n'est rien d'autre que mouvement. Et ce mouvement apparaît et s'en va. Apparaît et s'en va. Immédiatement, ce moment est passé, passé, passé. Maintenant devient alors. Dans cette immédiateté, ce que ça signifie, c'est que c'est fraîcheur.
La fraîcheur est comme une interruption. Un nouveau commencement. Mais si je relie le passé au présent et au futur et que j'expérimente ces temps comme se connectant pour créer un cadre à travers lequel ma vie se développe, alors la formation de maintenant est déterminée par le passé et cette formation de maintenant va influencer le futur. La base d'être, la base à partir de laquelle nous nous manifestons, que nous montrons à partir de cette base vide et ouverte, c'est inné. Ce n'est jamais venu à l'existence en tant que chose. Et nous aussi nous sommes innés. Ou, pour le dire autrement, nous naissons et mourrons de manière incessante. Naissance et mort. Je suis ceci puis je ne le suis plus. Pleinement ceci puis plus du tout...
Chaque moment où nous sommes ici ensemble disparaît aussi vite qu'il apparaît. Nous pouvons créer une histoire qui souligne la continuité de ce moment passé ensemble mais tous les moments de cette histoire disparaissent aussi vite qu'ils sont dits ou écrits. Cette impermanence insaisissable n'est pas une erreur ou une punition. En fait, c'est l'auto-libération sans effort de tous les phénomènes. Tout apparaît mais rien ne perdure. 


James Low

samedi 25 avril 2020

In the end -- A la fin






However beautiful you are, you will never beguile the Lord of Death. However rich you may be, you can never buy even one moment of life. However much power and influence you command, all your wealth and all your worldly achievements will in the end be utterly useless. Only the Dharma can help at the time of death.

Aussi beau (belle) sois-tu, tu ne pourras jamais séduire le Seigneur de la mort. Aussi riche sois-tu, tu ne pourras jamais acheter ne serait-ce qu'une seconde de vie. Aussi puissante et influente sois ton autorité, tous tes biens et toutes tes réussites mondaines seront finalement complètement inutiles. Seul le Dharma peut aider au moment de la mort.



Dilgo Khyentse

mercredi 17 janvier 2018

dry gulch -- rivière asséchée






Planning for the future is like going fishing in a dry gulch;
Nothing ever works out as you wanted, so give up all your schemes and ambitions.
If you have got to think about something—
Make it the uncertainty of the hour of your death.

Faire des projets pour le futur, c'est comme aller pêcher dans le lit d'une rivière asséchée.
Rine ne marche jamais comme on le souhaite, aussi abandonne tes projets et tes ambitions.
S'il est quelque chose à quoi penser,
Que ce soit l'incertitude quant au moment de ta mort.

Adzom Gyalse

samedi 29 avril 2017

death draws near -- la mort approche





The bloom of a handsome youthful body withers with age.
Despite your wishes, you’ll experience the pain of disease,
And, with a final rasping cough, you’ll pass away.
Even now, the time for this draws near.
Son, Lodrö, think about it well!

Pour ce qui est du corps, la fleur de la jeunesse se fane avec l'âge.
Que tu le veuilles ou non, tu subiras la maladie.
La mort qui, dans un dernier souffle, t'emportera
Rôde dès à présent et s'approche de toi.
Réfléchis bien à cela, Lodrö !


Jamyang Khyentse Chökyi Lodrö

mardi 14 mars 2017

Movement -- Mouvement






The changing cycle of joy and sorrow,
like the changing seasons -
If this isn't seen, there is no way to achieve renunciation.
As a time of suffering will surely come around to me,
May I truly practice the sublime teachings.

Le cycle changeant de joie et douleur,
Comme le changement des saisons,
Si ce n'est pas vu, il n'est pas possible de parachever la renonciation.
Comme une période de souffrance va sûrement m'échoir,
Puissé-je pratiquer authentiquement les sublimes enseignements.

Dudjom Jigdral Yeshe Dordje

samedi 3 décembre 2016

like a robe -- comme une robe



Like a robe wears out over time and turns to rags, life wears out from day to day, from second to second.

Comme que robe qui s'use avec le temps et se transforme en chiffon, la vie s'use de jour en jour, de seconde en seconde.

Dilgo Khyentse 

dimanche 12 juin 2016

the conducts of Dharma practitionners -- les conduites des pratiquants du Dharma (1)


The conduct of a prisoner: seing impermanence, the suffering of samsara, leaves no other thought than the Dharma. It is like a prisoner who thinks: 'When will I ever be free from the depths of this prison? What method will help me right now? If I am freed of this, I must make sure it will never happen again.' Thinking in this way, you then ask: 'Now, when will we people be freed from this place of samsara?' You feel that you must do something about escaping from cyclic existence (samsara).

La conduite du prisonnier: voir l'impermanence et la souffrance du samsara ne laisse d'autre pensée que (celles orientées vers) le Dharma. C'est semblable à un prisonnier qui pense: 'Quand donc serai-je jamais libéré des profondeurs de cette prison? Quelle méthode peut m'aider maintenant? Si je suis libéré, je dois m'assurer que cela ne se reproduira jamais.' En pensant de la sorte, on se pose la question: 'Maintenant, quand les êtres sensibles seront-ils libérés de cet endroit, du samsara?' On ressent que l'on doit faire quelque chose pour s'échapper de l'existence cyclique (samsara).

Padmasambhava
from The life and revelations of Pema Lingpa, snow lion
tirè de: Vie et révélations de Pèma Lingpa, Editions Pèling

lundi 4 avril 2016

Le seul refuge immuable -- The only unchanging refuge


Reflecting on impermanence is a very important preparatory practice, for the more we see impermanence as the natural state of affairs, the more we see that relying on phenomena to provide a true refuge is not wise. There is continuity, but it is a continuity of change. Since we were children everything has changed in our lives. Our thoughts and feelings have changed so often, the shapes of our bodies have changed, the kind of activities we do have changed... The only unchanging refuge is our own nature.

Réfléchir à l'impermanence est une pratique préparatoire très importante car plus nous considérons l'impermanence comme l'état normal des choses, plus nous voyons que s'appuyer sur les phénomènes pour obtenir un vrai refuge n'est pas une bonne idée. Il y a continuité mais c'est une continuité de changements. Depuis que nous sommes tout petit, tout a changé dans notre vie. Nos pensées et nos émotions ont changé si souvent, la forme de notre corps a changé, le type des activités que nous avons a changé... Le seul refuge immuable est notre nature propre.

 James Low

jeudi 31 mars 2016


Like birds landing on a tree top together, and then dispersing,
We are together for a very short time,
So it makes sense to live in harmony, in unconditional friendship.


Comme des oiseaux se rassemblant au sommet d'un arbre puis se dispersant,
Nous sommes réunis pour un très court moment.
Aussi il paraît sensé de vivre en harmonie, en une fraternité inconditionnelle.

Bokar Rinpoché

samedi 23 janvier 2016

Atomic bomb meditation -- La bombe atomique de la méditation



If we are not happy with anger, our meditation on impermanence and death is so powerful, it can destroy the delusions like an atomic bomb.


Si notre colère ne nous est pas agréable, la méditation sur l'impermanence et la mort est si puissante qu'elle peut détruire les illusions comme une bombe atomique.

Lama Zopa

mercredi 20 janvier 2016

Danger !


Our life passes, and the fact that it can end at any moment means we are in a most precarious and dangerous situation.

Notre vie s'écoule, et le fait qu'elle puisse s'arrêter à tout moment signifie que nous sommes dans une situation des plus précaires et dangereuses.

Tulku Urgyen Rinpoche

lundi 18 janvier 2016

We are renting -- Nous sommes en location



If our body really belonged to us, it would obey our commands. If we say, “Don’t get old,” Or “I forbid you to get sick” does it obey us? No! It takes no notice. We only rent this “house”, not own it. If we think it does belong to us, we will suffer when we have to leave it. But in reality, there is no such thing as a permanent self, nothing unchanging or solid that we can hold on to.


Si notre corps nous appartenait vraiment, il obéirait à nos ordres. Si nous disons: "Ne vieillit pas!" ou "Je t'interdis de tomber malade!", obéit-il? Non! Nous ne faisons que louer cette "maison", elle ne nous appartient pas. Si nous pensons qu'elle nous appartient, nous souffrirons le jour où nous devrons la quitter. Mais en réalité, il n'y a pas de chose telle qu'un soi permanent, rien d'immuable ou solide auquel on puisse s'accrocher.

Ajahn Chah

mercredi 16 décembre 2015

Merits and perception -- Mérites et perception


How we interpret information and our experiences of the world depends entirely on how much merit we have accumulated. For example, what does the word impermanent mean? On the grossest possible level, those who have very little merit believe that ' impermanent' means decay and death, or the changing seasons. Once we start to accumulate merit, though, our understanding becomes more subtle. Imagine you are experiencing a moment of happiness. If you have a little merit you will be able, to a certain degree, to interpret and understand 'impermanence' and watch your mood change from unhappiness to happiness and back again, making any disappointment or hope you might feel less intense.

La manière dont on interprète les informations et nos expériences du monde dépend entièrement de la quantité de mérites que nous avons accumulés. Par exemple, que signifie le mot impermanent? Au niveau le plus grossier, ceux qui ont très peu de mérites vont penser qu'impermanent signifie déclin et mort, ou les changement des saisons. Lorsqu'on commence à accumuler des mérites, notre compréhension devient plus subtile. Imagine que tu expérimentes un moment de joie. Si tu as un peu de mérites, tu seras capable dans une certaine mesure d'interpréter et de comprendre 'impermanence' et d'observer ton humeur changer de la non-joie vers la joie puis vice-versa, ce qui diminuera l'intensité de toute déception ou espoir que tu pourrais alors ressentir.

– Dzongsar Khyentse Rinpoche

mardi 15 décembre 2015

Reflect on impermanence -- Réfléchis à l'impermanence


If you don’t reflect on death and impermanence,
There’ll be no way to practise Dharma purely.
Practice will remain an aspiration,
One that is constantly postponed.
And you may feel regret the day that death comes,
But by then it’s too late!


Si vous ne réfléchissez pas à la mort et à l'impermanence,
Il n'est pas possible de pratiquer purement le Dharma.
La pratique restera une aspiration,
Quelque chose que vous remettrez toujours à plus tard.
Et vous aurez probablement des regrets le jour où la mort sera là,
Mais alors il sera trop tard!

Chatral Rinpoche

jeudi 5 novembre 2015

in the end -- à la fin


When my time has come and impermanence and death have caught up with me,
When the breath ceases, and the body and mind go their separate ways,
May I not experience delusion, attachment, and clinging,
But remain in the natural state of ultimate reality.

Lorsque mon temps sera venu et qu'impermanence et mort m'auront rattrapé,
Lorsque le souffle s'arrêtera et que corps et esprit iront chacun leur chemin,
Puissé-je ne pas expérimenter illusion, attachement et saisie
Mais demeurer dans l'état naturel de la réalité ultime.

Longchenpa

dimanche 12 juillet 2015

Impermanence is beauty - L'impermanence est beauté



Real flowers are much more beautiful than plastic ones, in part because of their impermanence. People appreciate the seasons, the autumn and the spring, because the seasons are a process of change. Each season is a precious time. In this way, impermanence is beauty. 

Les vraies fleurs sont beaucoup plus belles que celles en plastique, en partie à cause de leur impermanence. Les gens apprécient les saisons, l'automne et le printemps, parce que les saisons sont un processus de changement. Chaque saison est un moment précieux. Ainsi, l'impermanence est beauté.

Chogyam Trungpa

mardi 30 juin 2015

Impermanence


We would have no chance to come to know death if it just happened once, but fortunately, life is nothing else than an uninterrupted danse of births and deaths, a danse of change. Each time I hear a torrent hurtle down the slope of a mountain or waves break on the beach, or the beats of my own heart, I hear the sound of impermanence.

Nous n'aurions aucune chance d'apprendre à connaître la mort si elle ne se produisait qu'une seule fois mais, heureusement, la vie n'est rien d'autre qu'une danse ininterrompue de naissances et de morts, une danse du changement. Chaque fois que j'entends un torrent dévaler la pente d'une montagne ou des vagues déferler sur le rivage, ou encore le battement de mon propre cœur, j'entends le son de l'impermanence.

Sogyal Rinpoche

samedi 25 avril 2015

Everything is changeable - Tout est changeant


Nothing in your experience – your thoughts, feelings, or sensations – is as fixed and unchangeable as it appears. Your perception are only crude approximations of the true nature of things. Actually, the universe in which you live and the universe in your mind form an integrated whole.


Rien dans votre expérience - vos pensées, sensations ou sentiments - n'est aussi figé ou immuable qu'il n'y paraît. Votre perception n'est que grossières approximations de la vraie nature des choses. En vérité, l'univers dans lequel vous vivez et l'univers dans votre esprit forment un tout intégré.


Mingyur Rinpoche

mardi 26 octobre 2010

MEDITATION SUR L'IMPERMANENCE

La méditation sur l’impermanence est fondamentale dans le bouddhisme tibétain, et en particulier dans l’école Nyingmapa. Voici ce qu’écrit Toulkou Tsourlo dans son commentaire du Gongpa Zangthal (la Vision Infinie du Dzogchen). :

« On ne peut faire l’économie de la méditation sur l’impermanence, quelle que soit la pratique, au début, au milieu ou à la fin. Le plus gros obstacle à la pratique est la paresse et la procrastination. Leurs antidotes sont la diligence semblable à une armure, la diligence dans l’action et la diligence insatiable. L’excellente méthode qui génère cette diligence est la méditation sur l’impermanence...

La fructification de la vraie méditation, qui est la réalisation de la vue, dépend de ce qu’on possède la grâce du Lama, qui est produite par la dévotion à son égard. Or la génération de la dévotion envers le Lama et l’obtention de sa grâce dépendent du fait d’avoir accompli de véritables purifications et accumulations. Aussi afin d’inspirer un grand enthousiasme pour les accumulations et la purification, tu dois méditer sur l’impermanence. »

Il faut noter que dans la tradition du Terma du Nord, une place spéciale est accordée à cette méditation, à tel point qu’en plus d’être abordée avec les quatre pensées qui détournent du samsara, elle constitue l’un des ‘Cinq Clous’ des préliminaires particuliers, au même titre que la prise de refuge et le développement de l’esprit d’éveil, l’offrande du mandala, la purification par la pratique de Vajrasattva et le yoga du Maître. Sur la pertinence de pratiquer la méditation sur l’impermanence lors des préliminaires particuliers, Toulkou Tsourlo explique :

« Ayant effectué les accumulations et la purification, tu dois méditer sur le clou de l’impermanence plus tard [à ce niveau] pour générer l’enthousiasme pour les prières dévotionnelles envers le Lama, le clou du yoga du Maître. »

Quant à la méditation en elle-même, il explique :

« Ici, tu dois méditer sur les trois points, les neuf raisons et les trois déterminations. »

Les trois points sont : 1) La mort est inéluctable.
            2) Le moment de la mort est incertain.
            3) Au moment de la mort, rien ne sera utile hormis le Dharma.

 « Tu dois tout d’abord penser à la mort, qui va survenir pour toi sans aucune doute, et que tu ne peux pas éviter par aucun moyen. ‘A présent, j’ai obtenu la vie, qui vaut quelque chose et qu’il est très difficile d’obtenir, mais si je n’en tire pas profit, elle ne durera pas longtemps et sera certainement détruite. Quel  que soit le type de corps que j’aie pris, il est voué à mourir. Même si par le passé, des Bouddhas sont apparus plus nombreux que les atomes de l’océan, aujourd’hui, il n’en reste plus guère que des histoires exposées dans les Soutras.

Lorsque le Bouddha de notre temps fut sur le point de passer dans le nirvana, Sharipoutra et quatre-vingt mille arhats, Maugalapoutra et soixante-dix mille arhats ainsi que Prajapati et cinq cents arhats passèrent dans le nirvana. Puis le Bouddha lui-même passa dans le nirvana avec dix-huit mille arhats. Aussi lorsque se tint la première assemblée, il ne restait plus que cinq cents arhats.

De même, par la suite se succédèrent tous les érudits, comme [en Inde] les Sept patriarches, les Six Joyaux et les Deux Suprêmes, et au Tibet les Trois Rois ancestraux du Dharma, So Zour et Noub [des Nyingmas], les trois maîtres [kagyoupas] Marpa, Milarèpa et Dagpo, les cinq grands souverains sakya, et les trois seigneurs, le père et le fils [gélougpas] du Tibet. Parmi eux, aucun n’est encore en vie physiquement. Seuls survivent leurs noms et le portrait qu’on en dresse dans leur biographie.

Dès lors, quelqu’un comme moi, sous le joug des forces extérieures des mauvaises actions, dépendant entièrement d’un corps empêtré dans les circonstances adverses, pourquoi ne devrais-je pas mourir ? Oui, c’est sûr, je vais mourir !

Où que je cherche, il est impossible de trouver un abri où la mort ne puisse pénétrer. Elle le pourra à coup sûr. Par exemple, un jour, les troupes Viroudhaka attaquèrent Kapila et de nombreuses personnes du clan Shakya furent tuées. Le Bouddha cacha alors quelques enfants sur le Mont Mérou, dans le soleil et la lune. Mais plus tard, lorsqu’il s’enquit d’eux, tous étaient morts [car le moment karmique de leur mort était arrivé].

Dans le passé, le présent et l’avenir, il n’y a pas de différence en ce qui concerne le fait que la mort survienne. De même que nous l’avons expliqué dans le cas du passé. Si je regarde dans une foule, de par l’impermanence, dans soixante ou soixante-dix ans, pas une seule personne ne sera encore en vie. Il est certain que tous ne seront plus qu’ossements et cendres dans les cimetières. Et ceux qui naîtront dans l’avenir n’auront d’autre choix que d’affronter un sort identique à ceux du passé et du présent. Aussi comment moi seul pourrais-je avoir le privilège de vivre sans jamais mourir ? S’il y avait un moyen de se défaire de la mort, je pourrais survivre, mais c’est impossible : il n’y a aucun moyen. Même ceux qui courent vite ne peuvent échapper à la mort. Même les sages, ceux qui détiennent les cinq sortes de clairvoyances, qui furent capables de voler dans le ciel, n’ont eu le pouvoir de s’échapper dans un état d’immortalité quand la mort a fondu sur eux.

Pas moyen non plus de la repousser par l’usage de la force. Même avec la puissance du lion ou de l’éléphant, lorsque les forces déclinent, on est obligé de perdre la vie. Même la richesse ou l’éloquence ne peuvent protéger de la mort. Les monarques universels et leurs excellents ministres ont dû renoncer à leur royaume. Les mantras et les remèdes ne peuvent affranchir de la mort. Lorsque le moment est venu, même Koumara, Djivaka ou Vajrapani ne peuvent sauver qui que ce soit.

Aussi, comme la naissance se termine par la mort, je dois pratiquer le Dharma qui est un bienfait au moment de la mort.

Deuxièmement, pense au fait que la durée de vie décroit sans cesse, sans que rien jamais ne s’y ajoute.

« Ma vie s’est écoulée par le passé, s’écoule maintenant et s’épuisera dans le futur. Chaque année, chaque mois, chaque jour et chaque instant, comme l’huile d’une lampe se consume. Comme un fleuve sans réservoir, ma vie s’épuise sans aucun renouvellement. Aussi la mort ne s’éloigne pas de moi, mais elle se rapproche de plus en plus, et je suis comme un prisonnier qu’on mène à l’exécution. Il est certain que je vais mourir. »

Troisièmement, pense au fait qu’il n’y a pas d’époque particulière pour pratiquer le Dharma.

« Je ne vais pas tarder à me retrouver au crépuscule de la vie. Après la naissance, j’ai passé de nombreuses années, une dizaine ou plus, à des activités d’enfant. Puis j’ai atteint la vingtaine, puis la trentaine, la jeunesse. J’y ai passé mon temps à défaire les opposants, et à prendre soin de mes proches. Puis, sans le remarquer, des signes de vieillissement sont apparus. J’ai vite vieilli. Avec la vieillesse, mon corps et mon esprit sont perturbés par les douleurs de l’âge. Je n’éprouve que souffrance. Et maintenant, c’est ainsi que je vais mourir.

La fin de la vie se rapproche tellement. Je n’ai pas le temps de pratiquer le Dharma en dilettante. Je dois pratiquer le Dharma, et interrompre fermement toutes les autres activités. Même si j’essaie vraiment de pratiquer le Dharma, je perdrai la moitié de mon temps à dormir. J’en perdrai aussi en mangeant, en buvant, en voyageant, en parlant etc. Il est très rare de consacrer sa vie entière au Dharma. Je dois être déterminé à pratiquer le Dharma, et le faire !