lundi 24 janvier 2022

Big Rigdzin (Memories with C. R. Lama- 7) — Grande Rigdzin (Souvenirs d'avec C. R. Lama)- 7





The Big Rigdzin is without doubt the crown jewel of the spiritual legacy of Chimed Rigdzin Rinpoche. He never forgot to remind us how powerful this practice is. Sometimes, it happened that I was attracted by other texts but he would always tell me: "Oh yes, it's good. But Big Rigdzin more powerful." In the beginning, I thought he was advertising for his own interests but going deeper and deeper in the understanding of this text and as I received more and more instructions on trekchöd practice, I realized how right he was. On top of that, the lineage is as short as possible, as Chimed Rigdzin received direct transmissions from Guru Rinpoche (see the introduction), and he was the first holder allowed to spread it widely, so it kept all the freshness of its blessing power. Rinpoche told us concerning that: "The blessings of a text weaken with time, like alcool that disappears in a glass in open air. That's why new termas are more powerful."

This practice clearly takes roots in Dzogchen view. Once, I asked C. R. Lama where in the text should  I stop if I wanted to meditate silently. He answered: "One should think it is after the mantra recitation, but not at all. We stop after the guru yoga (Kyab Dag Kou Zhi wangchuk Dorje Chang...). And we continue witn the self liberation verses from the Leu dunma, from Namkhaï Nyingpo's prayer.

This reminds me our first retreat with C. R. Lama. He told us about Namkha'i Nyingpo. It was a silent retreat and we were especially focusing on Big Rigdzin. From time to time, he stopped the puja and explained what we just chanted. He told us about the context when these verses were written. Concerning the meditation of impermanence, (Om ah Hung Maha Guru sarwa Siddhi Hung...) he said: "Padmasambhava and we all the 25 disciples were at Samye Chimpu (cave above Samye monastery). Yeshe Tsogyal miraculously prepared the tsog, instantly, and after the tsog offering, Namkhai Nyingpo said the first four stanzas. He was solid guy, little small, with his monk's robes, a face like this (he made a kind of pout). After he finished, Guru Rinpoche answered and it's the fifth stanza. He showed us our mind. We he finished, we the 25, we all had realized emptiness." He was remembering perfectly this moment that he lived as Khyechung Lotsawa many centuries ago. 

Many times when we were in retreat, during the big Rigdzin, Rinpoche had visions of Padmasambhava, Yeshe Tsogyal etc. Once the puja was finished, while having tea or at dinner, he was saying: "Did you see? Padmasambhava came this afternoon. He stayed a bit and then left in this direction." It was like if he was talking of someone he met in the street in the afternoon. Once, he told us that when he was still a teenager, in Tibet, Yeshe tsogyal appeared and told him his duty was to spread this practice in the four directions. He said:" At that time, I thought she meant the four directions of Tibet. But nowadays, I realize I transmitted it all around the world, froma USA to Australia, from Island to Spain etc."

So no matter what kind of retreat we were making with him, practising Big Rigdzin was compulsary. From the Kyab Nae Lume introductory prayer, we entered together in a rather different atmosphere, a different environment. Many students said that they felt like coming back home. Many students felt something special and became linked with C. R. Lama just by chanting the Big Rigdzin with him and now that he's not physically accessible, group practicing this sadhana is in my experience one of the best ways to refresh the connexion between him and us and to feel his presence and his blessings.

For french readers, there are more details about the big Rigdzin on this blog at: http://khordong.blogspot.com/2010/06/la-sadhana-du-gourou-vidyadhara-grande.html . And of course you have James Low's book, a commentary of this sadhana: "Being Guru Rinpoche.". 



 La grande Rigdzin constitue sans conteste le joyau de la couronne du testament spirituel de Chimed Rigdzin Rinpoche. Il ne manquait jamais de souligner à quel point cette pratique est puissante. Il m'est arrivé de trouver telle ou telle pratique remarquable mais lorsque je lui en parlais, il me disait toujours: "Oh oui, c'est bien, mais la grande Rigdzin est plus puissante. " Au début, je pensais qu'il faisait de la pub pour sa paroisse mais plus j'allai en profondeur dans la compréhension des enseignements, en particulier des enseignements et des instructions dzogchen, et plus je me rendis compte combien il avait raison. De plus, la lignée est on ne peut plus courte puisqu'il a reçu personnellement la transmission de Padmasambhava, comme c'est mentionné au début du texte, et qu'il est le premier à avoir été autorisé à le diffuser largement. Tout cela a permis de conserver toute la fraîcheur des bénédictions que porte cette pratique. Il nous disait à ce propos: "Les bénédictions d'un texte s'affaiblissent avec le temps, comme l'alcool disparaît dans un verre à l'air libre. C'est pour cela que les nouveaux ters sont plus puissants." 

Cette pratique s'enracine clairement dans la vue dzogchen. Une fois, je lui demandai à quel endroit je devrais m'arrêter si je voulais méditer en silence. Il me répondit: "On aurait tendance à penser que c'est après la récitation du mantra mais pas du tout. Ce n'est pas à cet endroit que je m'arrêterais. Ici, on s'arrête après le guru yoga (Kyab Dag Kou Zhi Wangchug Dorje Chang ...). Et on reprend ensuite avec les vers de l'auto-libération tirés de la prière en sept chapitres, plus particulièrement de la supplique de Namkhai Nyingpo. "

Cela me rappelle que lors de notre première retraite avec C. R. Lama, il nous avait parlé de Namkhai Nyingpo. C'était une retraite en silence où nous faisions en particulier la grande Rigdzin. Quand il le jugeait nécessaire, Rinpoche arrêtait la pratique et enseignait sur le point où nous en étions. Il nous parla entre autres du contexte qui servit de base à certains passages que nous chantons dans la puja. Lors de la "méditation sur l'impermanence" (Om Ah Hung Maha Guru Sarwa Siddhi Hung...), il nous dit: "Padmasambhava et nous tous, les vingt cinq, nous étions dans la grotte au dessus de Samyé. Yeshe Tsogyal prépara le tsog d'un claquement de doigts, miraculeusement, et Namkhai Nyingpo prit la parole et dit les quatre premières suppliques. C'était un moine râblé, assez petit, avec ses robes monastiques, l'air un peu renfrogné (il fit un genre de moue). Quand il eut terminé, Guru Rinpoche répondit (cinquième strophe, la plus longue.) Ce fut l'introduction. A la fin de son chant, tous les 25, nous avions réalisé la vacuité." Il se souvenait parfaitement de cet événement qu'il avait vécu dans la peau de Khyechung Lotsawa de nombreux siècles plus tôt. 

A de nombreuses reprises au cours de la pratique de la grande Rigdzin, Rinpoche eut des visions de Padmasambhava ou de Yeshe Tsogyal. Une fois tout cela fini, autour d'un thé ou au dîner, il nous disait: "Tu as vu? Padmasambhava est venu pendant la puja. Il est resté un moment puis est reparti dans cette direction." C'était comme s'il vous parlait de quelqu'un qu'il avait rencontré dans la rue quelques heures auparavant. Une fois, il nous raconta qu'adolescent, il eut une vision de Yeshe Tsogyal qui le priait de répandre cette pratique dans les quatre directions. Il nous dit: "A cette époque, je pensais qu'elle voulait dire aux quatre coins du Tibet mais aujourd'hui, je réalise que j'ai transmis cette pratique dans le monde entier, de l'Australie aux USA, d'Islande à l'Espagne etc."

Aussi peu importait quel était le thème de la retraite que nous faisions avec lui, la pratique de la Grande Rigdzin était obligatoire. Dès la prière d'introduction 'Kyab Nae Lu Mé....', nous entrions ensemble dans un environnement différent, une atmosphère différente. De nombreux élèves ont rapporté qu'ils se sentaient alors comme s'ils revenaient à la maison. Beaucoup d'élèves ressentaient des choses spéciales et se sentaient liés à C. R. Lama juste en chantant la Grande Rigdzin avec lui et maintenant qu'il n'est plus physiquement accessible, pratiquer cette sadhana est dans mon expérience l'un des meilleurs moyens pour rafraîchir la connexion avec lui et ressentir sa présence et ses bénédictions.

Pour les lecteurs français, plus de détails sur ce blog ici: http://khordong.blogspot.com/2010/06/la-sadhana-du-gourou-vidyadhara-grande.html  Et puis bien sûr, le commentaire de James Low "Dans le Mandala de Padmasambhava", 290 pages, est disponible en français sur demande. 









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